À propos

Ce site est une chronique de mes explorations urbaines. Lorsque je prends mon appareil photo pour partir me perdre en ville, sans concept artistique prémédité. Juste une échappée solitaire pour vagabonder dans le dédale des rues, et figer ce que je vois.

Pour y avoir toujours vécu, je photographie naturellement les environnement urbains, les grandes villes et leur banlieue. Non pas les grandes architectures, mais plutôt la ville à hauteur d’homme. J’arpente alors les rues des quartiers populaires avec leurs lieux rustiques qui tentent de résister à la transformation. Les locaux et bâtisses abandonnés lorsque loyers et baux deviennent trop onéreux. C’est ce court laps de temps où le délabrement et la désuétude frappent les espaces et les façades des quartiers qui capte mon attention. Ces devantures mortes qui se couvrent d’affiches et de graffitis, ces façades abimées qui deviennent le support d’expressions artistiques variées. Une esthétique rugueuse qui m’a toujours fasciné.

Je photographie la ville telle qu’elle est, dans sa brutalité et sans me raconter d’histoires, là ou d’autres y cherchent de la poésie.

Des friches urbaines qui ne font pas long feu dans le rythme effréné de l’urbanisme. On dit souvent que la nature a horreur du vide, la ville le comble ou le transforme et ne s’arrête jamais. Elle se recycle au rythme des politiques, un tri de ses habitants s’opérant au passage. Baudelaire nous la contait ainsi : « Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel ».  En son temps déjà, un aristocrate tranchait avec violence dans l’urbain jusqu’à l’aseptiser. Les grandes et longues avenues aux façades uniformes ont effacé le charme des ruelles populaires aux géométries imparfaites.

Le pouvoir s’est ainsi servi de la ville pour repousser les modestes et rebelles jusqu’à les exclure dans la périphérie et au-delà. Un cycle brutal de transformations qui se répète sans cesse et encore aujourd’hui. La ville n’a finalement rien d’un poème. Elle est violence lorsqu’elle n’est que le reflet des inégalités, rejetant la vie simple et modeste. Elle sait rendre fous ceux qui n’ont plus que la rue pour vivre, avec un simple carton comme abri. La ville n’est plus que le capital de ceux à qui elle appartient, et non la richesse diverse de ses habitants.

Graffitis et vieilles affiches, vitrines closes et commerces en friche, quartiers obscurs et banlieues anonymes sont alors mes terrains d’exploration. Là où la diversité et l’expression d’une vie résistante s’affirme encore dans ce moment de transition. Un dernier cri de désespoir, fait d’art et de slogans, qui s’écrit sur les murs de la ville.

STF4N (STÉFAN)
Photographe autodidacte depuis plus d'une vingtaine d'années;
Basé en banlieue parisienne.

EXPOXITIONS:

Exposition STREET ART / POP ART
Du 17 au 21 juin 2026, Galerie KIFF & MARAIS.
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